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Posts Tagged ‘musique’

Bonjour les amis!

Je suis un artiste, dès lors mon patron depuis une petite décennie s’appelle le « Buzz » (bourdonnement)…
Mais qu’est-ce vraiment que le buzz? Un mauvais linguiste vous dirait qu’on pourrait le traduire en français par « bouche à oreille »…
FAUX! il n’en est rien !

L’américain étant bien souvent la langue vernaculaire du libéralisme économique, le vecteur des infamies de la société de cons sans sommation, quand un nouveau mot de langue de Ronald débarque sur le « marché » , c’est très mauvais signe…je vous conseille d’ailleurs de lire l’excellente analyse d’Alain Soral à ce sujet dans « Abécédaire de la bêtise ambiante » (par contre  si vous êtes vierge de cet auteur et un peu mou du genou, abstenez-vous, il envoie le bois!)

Pour vous donner un  exemple, dans ma branche d’abrutis fashionistos rapisant,  le musicien qu’on désignait avec admiration comme « architecte sonore »,  « concepteur musical », ou encore « producteur »,  termes classieux sous-entendant proposition de concepts,  mise en espace ou artisanat, ont laissé place en France, il y a environ 7 ans, au superbe terme de « beatmaker » (faiseur de rythmiques)…

En gros, un terme réduisant (poussant?) cet ex-créateur à n’être qu’une machine a faire du binaire, du « prêt-à-vendre »  sur des sites déprimants (« qui n’en veut de mon joli beat crunk standard à 20€? » ) ou un cynique peigne-cul cherchant à placer ses bazars éléctro-branchés à tout connard « bankable » du moment…

Alors quid de ce putain de « Buzz? », ce nouveau despote éteint, grand guide vers le bas des artistes : et bien, désolé mais il n’a rien à voir avec ce noble et historique  « bouche-à-oreille! »
Ce bon vieux « bouche-à-oreille », relais populaire et concret de l’œuvre de l’artiste; car oui, le « bouche-à-oreille »  résulte d’un constat, d’un diagnostic partagé, transmission d’un avis à postériori, fondé sur une expérience personnelle et authentique d’un spectateur enthousiaste ou déçu ! (bon ok j’en fais trop!)

« eh Jean-Jean t’as vu le dernier Michel Sarmou à la radio? Non? ben il est pas piqué des fagots, tu devrais t’en jeter un œil derrière la cravate mon con… »

Le « buzz » lui, est une fabrication en amont, un avatar d’engouement, méthodiquement calculé par une agence de com’ ou tout autre amateur rêvant d’imiter les puissants sous couvert d’indépendance. Ce stratagème fumeux est sensé déclencher une pulsion d’achat, misant sur le fait qu’on parle de l’œuvre (et/ou plutôt du produit) en tant que phénomène médiatique, donc se nourrissant lui-même via les médias, eux-même surfant sur le « buzz » du produit en question pour augmenter leur propre « buzz »…vous me suivez ?
En fait, peu importe le contenu du bastringue à fourguer… au pire c’est le « storytelling » autour qui amusera la galerie, au mieux , c’est le contenu de la bande-annonce, pardon, du « teaser » (littéralement « dragueur ») ou  du « trailer » (« remorqueur ») qui vous fera dépenser votre découvert dans du jus de plan média merdique…et ainsi d’entendre régulièrement une fois passée la 20ème tornade « buzzienne » du mois  :

« Tout ça pour ça, ça valait bien la peine qu’ils nous beurrent la raie pendant tout ce temps… »*

Ah ben oui c’est sur, si vous aviez fondé votre intention sur le ressenti intime, sur  le vécu intérieur et sensoriel  de votre entourage (j’en refais trop) au lieu de succomber au battage médiatique de NRJ 12, vous vous seriez sentis moins trahis bande de couillons !!!  On amalgame, on tronque, on résume et on triche pour mieux racoler, on reconnaît bien là les ingrédients magiques de la propagande!  mais en version libérale !

C’est peut-être ça la traduction française exacte du « buzz » : en fait du bourdonnement d’une abeille, il s’agit plutôt de son venin toxique !

*Toute ressemblance avec « les Bronzés 3 » est purement fortuite (pas)

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Moment assez agréable d’un gars racontant les coulisses de la musique sans chichi. Plutôt rare.

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Chers vous!

En tant qu’artiste et réalisateur artistique, invité sur le blog d’un autre artiste ami tel que Asphalt, j’ai envie de partager avec vous quelques réflexions sur mon métier, qui j’espère vous intéresseront !

En tant que réalisateur, je coordonne, supervise et dirige des projets artistiques, le plus souvent des albums de Musique.
Mon rôle consiste à donner l’impulsion, remettre sur les rails, faire se poser les bonnes questions, écouter, donner du sens, du liant…

En clair faire en sorte que l’Artiste mène son projet à bien tout en étant sûr que ses envies –  nos envies – soient respectées, et évidemment, transcendées !

Depuis que le marketing s’en est mêlé, c’est à dire depuis toujours, l’industrie musicale a nourri sa propre mythologie autour des artistes : Guitar heroes, génies, révélations, nouveaux prodiges ou encore  producteurs légendaires se bousculent dans nos inconscients collectifs…  Il serait tentant de flatter mon égo en surestimant le rôle du réalisateur :  il n’est ni un gourou, ni un magicien mais un chef d’orchestre,  mieux un chef cuisinier.
S’il est bon, engagé, inspiré, il saura sublimer les ingrédients mis a sa disposition. Il pourra les organiser, les combiner, les harmoniser et ainsi révéler toutes leurs saveurs…mais il ne peut ni faire de miracle sans qualité des matières premières, ni pallier à la générosité de l’hôte : en résumé, on ne se substitue pas à la pertinence de l’artiste…

Et c’est là ou souvent le bât blesse. Comme vous avez pu le constater, je n’ai pas encore employé le mot talent…
J’ai croisé des centaines d’artistes. certains au « talent » brut insolent. d’autres au talent brut moindre, mais au potentiel plus prometteur; et ce potentiel dépend de deux autres paramètres aussi importants que le seul talent , voire davantage dans la durée :

Avoir une Vision et savoir (se donner les moyens de) la projeter.

De ce fait, j’ai toujours cherché à travailler avec des gens qui, au delà du talent, réunissaient ces deux caractéristiques en considérant mon apport à la réalisation, comme leur facteur d’accélération ou de révélation.
Le talent brut, insolent, évident , émerveille et enthousiasme très vite…mais malheureusement, à part de rares exceptions, il est trop souvent couplé à un rapport travail / efficacité / vision très faible…
Et on se retrouve déçu, à gérer des tempéraments ingérables, à bricoler autour de manquements aux fondamentaux hallucinants, à éduquer  au travail nécessaire à la création de fantastiques surdoués incompétents…

Moralité, je préfère investir mon énergie sur quelqu’un d’apparemment moins doué, mais de plus acharné, de plus lucide donc ouvert à l’introspection…
Finalement c’est un peu comme l’amour : on peut attendre le coup de foudre et rêver de vivre un roman avec une sculpture de mode…ou on peut considérer que la magie a plus de chances d’opérer grâce à l’action et à l’ouverture au monde !

Comme dirait Jean-Claude, très justement, soyez aware… c’est le secret 🙂

à suivre….

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Souvenez-vous…

Chaque nouveau support arrivant sur le marché, devait enterrer le support précédent, et notamment le disque vinyle…

La cassette audio ré-enregistrable, moins chère, à la contenance plus grande et transportable pour écouter en voiture devait tuer le vinyle…niet! on copiait tous nos disques noirs dessus !

Le Compact DISC , au « meilleur » son, plus high tech et soit-disant plus sexy, plus petit et consommable devait atomiser le disque vinyle…niet ! 10 ans après on a regretté d’avoir donné tous ses vieux vinyles à son neveu DJ…

Le Serrato, permettant de ne pas transporter des caisses de disques, de piloter l’infinie discothèque universelle et de scratcher tout ce qui est imaginable devait rendre inutile le disque vinyle…niet ! Le toucher du disque de commande factice a redonné goût à sa bonne vieille collec’…et pour le scratch…même si il y a des virtuoses du mp3, l’attaque n’est pas la même on sent la belle bouillie numérique !

Alors pourquoi le disque vinyle résiste-t-il?

A mon avis, parce que c’est un objet qui ne représente pas notre époque …. il est non aseptisé, politiquement incorrect, non polyvalent…

Je m’explique :

Non aseptisé : Le disque noir donne à la Musique un son identifié, couillu et instable…en somme vivant! putain il se passe quelque chose quand on écoute un vinyle! on écoute pas un clone de la Musique jouée à l’origine, mais une reproduction mécanique de cette Musique. l’auditeur entend l’aiguille gratter le sillon, et  pense que celui qui l’a fabriqué est un artisan du son, un prince de l’éléctro-acoustique !
Un sillon raté et votre saphir sort de son axe, on appelle ça de la mécanique…so vintage! comme diraient les publicitaires de mes deux !

Politiquement incorrect : Oui le disque vinyle est un vestige d’une époque révolue ou on ne mettait pas de ceintures dans les bagnoles, où on fumait dans les bars et à la télé . Une époque où  la pollution était loin des préoccupations quotidiennes.
Le disque Vinyle est polluant, en pétrole (PVC) mais au moins il n’est pas hypocrite, puisqu’il le suggère avec sa belle couleur noire (!). Au moins lui, on peut le fabriquer avec de la bouteille recyclée…pas comme un MAC,  un PC ou Ipod…pour couronner le tout,  le disque vinyle est un autocrate :  il est  encombrant, il se voile, craque et prend la poussière ! en clair le disque vinyle vous emmerde!

Non Polyvalent : Et oui ce foutu disque microsillon est intolérant et inhospitalier ! il n’est pas multimédia, multi-application ou multi-tâches!
Là ou les K7, CD, MD, DAT, BANDE MAGNETIQUES, DVD, BLU-RAY ont donné en vrac dans la musique oui, mais aussi le logiciel, la vidéo de cul, le jeu électronique, le mp3, le flash, la HD, les photos, le texte etc…
Le disque vinyle est le seul support qui n’a hébergé QUE du son ! il est le support absolu et exclusif du signal sonore !

Pourtant, bien que je défende et produise ce support, je ne me considère pas comme un « puriste ».

J’aime beaucoup le MP3 comme outil de diffusion et pour son aspect pratique. J’ai beaucoup apprécié le CD en son temps et je ne le renierai jamais !
La Cassette est vraiment un de mes supports préférés car il donne aux morceaux de sources différentes, une chance de sonner pareils, tirant la qualité vers une espèce de démocratisation du son pourri 🙂 Cerise sur le gâteau on peut la bidouiller et enregistrer dessus facilement, un bonheur !

Mais nous sommes en 2010 !

Ne faire que du digital? Merci j’ai déjà donné…15 album gratos sur le NET…mon métier n’est pas de produire du mp3, mais de la Musique qui elle sera déclinée sous plusieurs formes. Si demain mes disques durs claquent, mes 15 ans de parcours auront-ils seulement été une illusion? juste des données?

Faire un CD alors? pour la promo en pochette carton ou plastifié comme un single, OK!  mais sinon pas de quoi me faire bander, merci…le CD on l’achète (souvent pas d’ailleurs) et on le rippe direct alors…à quoi bon?

Faire un Vinyle ! oui mais couplé au téléchargement du contenu via une carte ! ça m’est apparu évident ! un objet old school, passerelle entre classicisme et modernité grâce au web, ça c’est un vrai symbole du HipHop et de ma personnalité!

Du sens, du réel et du fantasmé, du vivant et de l’intemporel sublimé par de l’utopie…ok ça me parle, alors j’y vais !!! et putain, mixer mes vinyles avec ceux de mes maîtres, c’est autre chose que le Serrato !

AHAHHAH !!!

Peace, Supafuh

http://www.supafuh.com

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Habituellement pas client des enfants prodiges jetés en pâture devant la première caméra par des parents soucieux de rentabiliser au plus vite les cours de chant, cette vidéo m’a rassuré sur la préservation de mon cœur de midinette du cynisme ambiant.

A l’age où nos chères têtes blondes vont à l’école des fans, la petite cocotte de 6 ans et demi va mitrailler le gratin du showbiz ricain avec sa reprise de « Who’s loving you ? » des Jacksons 5. Dans le public, Mary J Blige en fait des caisses, on dirait Pat Ewing assistant au Slam Dunk Contest. Gaffe aux éclats de cette petite bombe de 20 kg, concentré de Soul Music. Nous ici, on se contentera de Kenza Farah.

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