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Posts Tagged ‘hip-hop’

====> Pisse-froid Advisory : Parole Libre <===

Je fais du « Rap ». j’ose à peine le dire tellement cette musique est devenue ridicule et honteuse.

Je ne sais pas pourquoi, mais l’évocation de cette activité provoque presque automatiquement la question suivante :
« et toi tu en penses quoi de Booba? »
Tiens, je savais pas qu’il fallait avoir un avis sur lui!
J’ai beau côtoyer par mon métier toutes les couches sociales, j’ai pourtant remarqué que cette question venait systématiquement de blancs trentenaires middle-class (comme moi), qui n’écoutent plus de Hiphop récent depuis Assassin, Cypress Hill ou Oxmo (rayer la mention inutile.)…sauf du Booba…

Comme les petites bourges qui, pour s’encanailler, se font tringler par des soit-disant sauvageons à l’insu de leur parents, nos petites faces de craie en manque de patine, s’extasient devant les « phases incroyables » de maître Booba, le punchliner (vanneur? ) fou, « celui qui au moins ne donne pas de leçons » !

Bon après tout, pourquoi pas! mais woah !

Vous rendez vous compte de ce que ça veut dire?
En 2011, le « Rap » est vu par ce public, qui a connu l’âge d’or du HH, qui a acheté des vinyles et des cd,  de manière binaire :
« donneur de leçon » (Kery James?) ou « parodico-caillera » (Booba)! POINT. Quel progrès !
Mais, ne reste-t-il pas tout le champ des possibles de l’Art a injecter dans le « Rap »?

Apparemment non… Des artistes aux auditeurs, mieux vaut écouter ou faire de « l’electro » (terme générique pour désigner…je sais pas trop quoi d’ailleurs), de la pop, du slam etc…
De quoi avoir le cafard ! mais bon, il paraît qu’il faut être optimiste,  laisser s’exprimer la jeunesse et l’accompagner dans sa pratique pour faire évoluer les choses! soit..

L’autre jour, dans le cadre de très louables actions pédago-faux-cul, tendance retour du mitterrandisme , je pratiquai un superbe
« atelier » M.A.O (musique assistée pas ordinateur, comme si aujourd’hui il en existait une autre !) à destination des « jeunes de quartier ».
en gros : je faisais une pige en espérant justifier une éventuelle subvention pour ma structure associative aux abois à cause d’une politique libérale de gauche comme de droite.

Fort de 15 ans d’expérience en composition urbaine, j’étais (faussement) persuadé de rendre un noble service citoyen, de partager un savoir-faire à des jeunes passionnés, prêts à avaler mes paroles.
Bilan (véridique) :

– je me suis fait traité de ringard (« hey m’sieur c’est bien – nanana – mais on est en 2010 t’as vu… »)
– ma ressemblance avec Mouloud Achour a empêché deux des participants à se concentrer, préférant partir !
– l’unique obsession des jeunes : comment faire de l’Auto-tune et ajouter des bruitages de gun et/ou de motos sur des instrus en mp3 volées sur des sites pourris…(et après c’est moi le ringard, l’auto-tune c’est fini ahahah!)

Le reste, c’est à dire, la possibilité de transcender les limites de l’apprentissage du solfège, de s’épanouir au travers de sa création,
de découvrir l’univers d’un intervenant et de s’en imprégner pour se définir etc…rien à battre !
Je suis désespéré, choqué, inquiet et atterré par ce manque de « vision » , mais enfin! je ne le fais pas trop remarquer…
Comme dirait l’autre, à trop proclamer préférer le juste, l’élégance et le dépassement de soi, on serait vite vu comme un ignoble fasciste !

Joyeux Noël!

Supafuh

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Bonjour les amis!

Je suis un artiste, dès lors mon patron depuis une petite décennie s’appelle le « Buzz » (bourdonnement)…
Mais qu’est-ce vraiment que le buzz? Un mauvais linguiste vous dirait qu’on pourrait le traduire en français par « bouche à oreille »…
FAUX! il n’en est rien !

L’américain étant bien souvent la langue vernaculaire du libéralisme économique, le vecteur des infamies de la société de cons sans sommation, quand un nouveau mot de langue de Ronald débarque sur le « marché » , c’est très mauvais signe…je vous conseille d’ailleurs de lire l’excellente analyse d’Alain Soral à ce sujet dans « Abécédaire de la bêtise ambiante » (par contre  si vous êtes vierge de cet auteur et un peu mou du genou, abstenez-vous, il envoie le bois!)

Pour vous donner un  exemple, dans ma branche d’abrutis fashionistos rapisant,  le musicien qu’on désignait avec admiration comme « architecte sonore »,  « concepteur musical », ou encore « producteur »,  termes classieux sous-entendant proposition de concepts,  mise en espace ou artisanat, ont laissé place en France, il y a environ 7 ans, au superbe terme de « beatmaker » (faiseur de rythmiques)…

En gros, un terme réduisant (poussant?) cet ex-créateur à n’être qu’une machine a faire du binaire, du « prêt-à-vendre »  sur des sites déprimants (« qui n’en veut de mon joli beat crunk standard à 20€? » ) ou un cynique peigne-cul cherchant à placer ses bazars éléctro-branchés à tout connard « bankable » du moment…

Alors quid de ce putain de « Buzz? », ce nouveau despote éteint, grand guide vers le bas des artistes : et bien, désolé mais il n’a rien à voir avec ce noble et historique  « bouche-à-oreille! »
Ce bon vieux « bouche-à-oreille », relais populaire et concret de l’œuvre de l’artiste; car oui, le « bouche-à-oreille »  résulte d’un constat, d’un diagnostic partagé, transmission d’un avis à postériori, fondé sur une expérience personnelle et authentique d’un spectateur enthousiaste ou déçu ! (bon ok j’en fais trop!)

« eh Jean-Jean t’as vu le dernier Michel Sarmou à la radio? Non? ben il est pas piqué des fagots, tu devrais t’en jeter un œil derrière la cravate mon con… »

Le « buzz » lui, est une fabrication en amont, un avatar d’engouement, méthodiquement calculé par une agence de com’ ou tout autre amateur rêvant d’imiter les puissants sous couvert d’indépendance. Ce stratagème fumeux est sensé déclencher une pulsion d’achat, misant sur le fait qu’on parle de l’œuvre (et/ou plutôt du produit) en tant que phénomène médiatique, donc se nourrissant lui-même via les médias, eux-même surfant sur le « buzz » du produit en question pour augmenter leur propre « buzz »…vous me suivez ?
En fait, peu importe le contenu du bastringue à fourguer… au pire c’est le « storytelling » autour qui amusera la galerie, au mieux , c’est le contenu de la bande-annonce, pardon, du « teaser » (littéralement « dragueur ») ou  du « trailer » (« remorqueur ») qui vous fera dépenser votre découvert dans du jus de plan média merdique…et ainsi d’entendre régulièrement une fois passée la 20ème tornade « buzzienne » du mois  :

« Tout ça pour ça, ça valait bien la peine qu’ils nous beurrent la raie pendant tout ce temps… »*

Ah ben oui c’est sur, si vous aviez fondé votre intention sur le ressenti intime, sur  le vécu intérieur et sensoriel  de votre entourage (j’en refais trop) au lieu de succomber au battage médiatique de NRJ 12, vous vous seriez sentis moins trahis bande de couillons !!!  On amalgame, on tronque, on résume et on triche pour mieux racoler, on reconnaît bien là les ingrédients magiques de la propagande!  mais en version libérale !

C’est peut-être ça la traduction française exacte du « buzz » : en fait du bourdonnement d’une abeille, il s’agit plutôt de son venin toxique !

*Toute ressemblance avec « les Bronzés 3 » est purement fortuite (pas)

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Pourquoi la diction d’Abd Al Malik me rappelle-t-elle une leçon d’orthophonie ?

Pourquoi j’ai envie de renommer « Grand Corps, Malade du swing » ?

Pourquoi le Slam c’est rempli de mauvais rappeurs ?

Pourquoi le slam en France est une récupération par des mecs du centre ville du talent des rappeurs de la périphérie ?

Pourquoi les poules élevées en batterie n’ont pas le sens du rythme ?

Pourquoi les femmes fontaines ont le feu au cul ?

Pourquoi j’ai l’impression que tous les rappeurs du monde ont déjà fait rimer flingue avec dingue ?

Pourquoi le journal de TF1 ouvre sur la météo ou sur le foot ?

Pourquoi dans celui de France 2 y-a-t’il de la promo pour des disques de variet ?

Pourquoi assiste-ton à une « fait diversation de l’information » ?

Pourquoi Anelka & Booba ont toujours pas compris à quoi correspondait « le sang impur » de la marseillaise ?

Pourquoi toutes les fiottes du show business, et notamment celles du Djamel Comedy Club, font les pucelles effarouchées quand on leur parle de Dieudonné alors qu’elles passent leur temps à essayer de lui arriver à la cheville en lui piquant ses gimmicks, son esprit et ses réparties ?

Pourquoi Fabrice Eboué a rejoint Fogiel sur M6 à l’époque, 1 an après l’affaire du sms sur l’odeur des noirs ?

Pourquoi ,dés qu’il s’agit de commerce et d’argent, y’a-t’il un tas d’hommes sans état d’âmes ?

Motherfukazzzzzzzzzzzzz

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Après avoir tiré sur l’ambulance Guerlain, il ne serait pas honnête de ne pas relever cette perle d’ami comique cette semaine.

Booba, nous explique dans le Magazine « Snatch » que : « Le « Fuck la France » au début de l’album est le rejet d’une certaine mentalité » […] et de poursuivre quand on lui parle de Nice et de Cagnes-sur-Mer « C’était très raciste », raison pour laquelle il s’est installé à Miami.  Dieu merci qu’une terre si hospitalière et si peu raciste comme les Etats-Unis aient pu sauver Booba des persécutions Françaises. Selon moi,  le mythe américain, c’est comme le père noël, Y croire passé 8 ans est suspect. Il est donc à noter qu’un gonflement trop rapide de la masse musculaire en niveau des pectoraux peut entrainer une paralysie des synapses.

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Le 27 novembre 2010 j’ai vu des punks. Je veux dire…Pas des proto-punks. Pas des mecs aux attitudes punkisantes. Pas des gens aux pseudo-aspirations punky.NON!
De vrais punks. Avec des crêtes mauve, des bottes, des anneaux et des épingles à nourrice placés à des endroits incongrus; qui préfèrent leurs chiens à leurs congénères et qui fument en renversant de la bière nonchalamment au nez et à la barbe des agents de sécu!

J’ai vu des rockers aussi (qui ont du cœur d’ailleurs). Pas des bébé-rockers. Pas des simili-rockers. Pas des évocations de rockers. NON!
Des gens de 40 berges minimum, en blouson noir, coiffés à la banane, portant des chapeaux noirs style Blues Brothers, des Jeans brut aux ourlets épais, dansant sur de la Musique restituée avec une énergie adolescente par  une contrebasse, une gratte et une caisse claire jouée debout.

Je vous avoue que j’ai aimé ça. Moi le soit-disant ringard navigant (grâce une réserve de panache qui malheureusement s’épuise…), dans mon milieu de peigne-culs attardés, inélégants et sans imagination, me suis senti moins décalé pour une fois…presque moderne…
Rafraîchissant !

NB pour les plus jeunes et autres dandys : DOC MARTENS, LONSDALE, PERFECTO, STETSON, RANGERS…en plein vintage…

Cordialement, Supafuh.

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Chers vous!

En tant qu’artiste et réalisateur artistique, invité sur le blog d’un autre artiste ami tel que Asphalt, j’ai envie de partager avec vous quelques réflexions sur mon métier, qui j’espère vous intéresseront !

En tant que réalisateur, je coordonne, supervise et dirige des projets artistiques, le plus souvent des albums de Musique.
Mon rôle consiste à donner l’impulsion, remettre sur les rails, faire se poser les bonnes questions, écouter, donner du sens, du liant…

En clair faire en sorte que l’Artiste mène son projet à bien tout en étant sûr que ses envies –  nos envies – soient respectées, et évidemment, transcendées !

Depuis que le marketing s’en est mêlé, c’est à dire depuis toujours, l’industrie musicale a nourri sa propre mythologie autour des artistes : Guitar heroes, génies, révélations, nouveaux prodiges ou encore  producteurs légendaires se bousculent dans nos inconscients collectifs…  Il serait tentant de flatter mon égo en surestimant le rôle du réalisateur :  il n’est ni un gourou, ni un magicien mais un chef d’orchestre,  mieux un chef cuisinier.
S’il est bon, engagé, inspiré, il saura sublimer les ingrédients mis a sa disposition. Il pourra les organiser, les combiner, les harmoniser et ainsi révéler toutes leurs saveurs…mais il ne peut ni faire de miracle sans qualité des matières premières, ni pallier à la générosité de l’hôte : en résumé, on ne se substitue pas à la pertinence de l’artiste…

Et c’est là ou souvent le bât blesse. Comme vous avez pu le constater, je n’ai pas encore employé le mot talent…
J’ai croisé des centaines d’artistes. certains au « talent » brut insolent. d’autres au talent brut moindre, mais au potentiel plus prometteur; et ce potentiel dépend de deux autres paramètres aussi importants que le seul talent , voire davantage dans la durée :

Avoir une Vision et savoir (se donner les moyens de) la projeter.

De ce fait, j’ai toujours cherché à travailler avec des gens qui, au delà du talent, réunissaient ces deux caractéristiques en considérant mon apport à la réalisation, comme leur facteur d’accélération ou de révélation.
Le talent brut, insolent, évident , émerveille et enthousiasme très vite…mais malheureusement, à part de rares exceptions, il est trop souvent couplé à un rapport travail / efficacité / vision très faible…
Et on se retrouve déçu, à gérer des tempéraments ingérables, à bricoler autour de manquements aux fondamentaux hallucinants, à éduquer  au travail nécessaire à la création de fantastiques surdoués incompétents…

Moralité, je préfère investir mon énergie sur quelqu’un d’apparemment moins doué, mais de plus acharné, de plus lucide donc ouvert à l’introspection…
Finalement c’est un peu comme l’amour : on peut attendre le coup de foudre et rêver de vivre un roman avec une sculpture de mode…ou on peut considérer que la magie a plus de chances d’opérer grâce à l’action et à l’ouverture au monde !

Comme dirait Jean-Claude, très justement, soyez aware… c’est le secret 🙂

à suivre….

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